Préfecture de police

Les Boers : la police des taxis

Au sein de la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police, le « groupe taxi transport de personnes », plus communément appelé « les Boers », est chargé de contrôler les taxis et les autres véhicules relevant des réglementations du transport public routier de personnes. La répression des taxis clandestins fait aussi partie de ses missions.

L’origine du mot « boers » remonte aux années 1917, lorsque les premiers « russes blancs », chassés de Russie par la révolution, émigrèrent en France pour y exercer la profession de cocher. Ces chauffeurs de taxi avant l’heure déformèrent le terme argotique de « bourres » désignant à cette époque les policiers, en boers. Aujourd’hui cette appelation est toujours utilisée dans le milieu du taxi.

En 1938, la préfecture de police créait une brigade spécialisée dans le contrôle des taxis qui est l’ancêtre de l’actuel « groupe taxi transport de personnes ».


MISSIONS

  • Les « Boers », qui opèrent en civil, sont chargés de la surveillance, du contrôle et de la répression des infractions relatives aux différentes réglementations du transport payant de personnes, très spécifiques selon les catégories de véhicules :
    • la réglementation du taxi parisien (16 400 taxis),
    • la réglementation du taxi communal (taxis de banlieue et de province),
    • la réglementation de la voiture de petite et grande remise (location de voiture avec chauffeur),
    • la réglementation du service occasionnel de transport public routier de personnes (navettes affrétées par des sociétés, cars de tourisme, etc.).
  • Cette brigade participe activement à la lutte contre le travail illégal par le biais, notamment, de la répression des taxis clandestins : particuliers racolant les clients à bord de leur véhicule personnel, chauffeurs de grande remise travaillant à l’insu de leurs employeurs et autres pratiques illégales qui faussent la concurrence, favorisent les infractions (défaut d’assurance, conduite sans permis, vols de bagages, etc.) et mettent en péril la sécurité de leurs passagers.

La lutte contre le travail clandestin se fait sur la base des dispositions suivantes :

  • Loi Perben II du 9 mars 2004 : « Exercice illégal de l’activité de conducteur de taxi »
  • Code du Travail : « Travail dissimulé par dissimulation d’activité » et « Travail dissimulé par dissimulation d’emploi salarié ».
    Les peines encourues vont du rappel à la loi à la confiscation du véhicule, éventuellement assortie d’une peine d’emprisonnement.
  • Les effectifs, maîtrisant parfaitement la réglementation en vigueur, interviennent également auprès des différents centres annexes de formation des directions de la préfecture de police, afin que les effectifs de terrain susceptibles de se trouver en présence d’un taxi, par exemple à l’occasion d’un accident de la circulation, disposent des connaissances de base nécessaires pour effectuer les contrôles.
    Ils interviennent aussi dans les différentes écoles de taxis parisiens agréées de la préfecture de police.

  • Travail en dehors des heures réglementaires, refus de prise en charge, mauvaise application de la tarification selon les tranches horaires sont quelques-unes des infractions que les Boers, qui travaillent d’initiative, recherchent auprès des taxis parisiens.

EFFECTIFS

La brigade des « Boers », dont les effectifs ont été récemment renforcés, est composée de 70 fonctionnaires de police en civil, dont quatre officiers de police judiciaire, répartis en deux groupes. Ils sont opérationnels 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, grâce à la création en 2009 d’une brigade de nuit.

Le bureau technique des taxis représenté par deux brigadiers de police complète ce dispositif en assurant son rôle de formateur et d’intervenant spécialisé.

Opérant comme un service d’investigation traditionnel, enchaînant filatures et opérations « coups de poing », les policiers des Boers traquent les faux taxis dans leurs lieux de prédilection : secteurs touristiques, abords des gares internationales, sorties des établissements de nuit de la capitale.