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Historique

Dans
l'ancien droit, les objets égarés appartenaient au
roi ou au seigneur haut justicier. Quiconque trouvait une épave,
chose manifestement sans maître, sur le domaine public, devait
en faire la déclaration et en effectuer le dépôt
auprès de son seigneur.
Existait conjointement
le droit d'épave consistant à s'approprier partie
de la cargaison d'un navire naufragé qu'un propriétaire
ne pouvait retenir.
Informé,
le suzerain faisait alors publier la déclaration de la trouvaille
trois dimanches de suite afin que le légitime propriétaire
puisse récupérer son bien.
En 1695, un
édit stipule que cette publicité se fera par huissier
à la porte des églises.
Pour les épaves
terrestres, le premier document connu date de 1699 : "Tous
les objets laissés dans les bureaux des messageries, coches
et voitures publics dont le propriétaire est inconnu appartient
aux Domaines (royaux) au bout de deux ans".
Auparavant,
dès le 12 février 1367, Charles, Duc de Normandie
et Dauphin du Viennois, avait édicté que les hôteliers
et aubergistes étaient dépositaires des objets perdus
chez eux par leur clientèle et qu'ils étaient tenus
de les restituer à leurs propriétaires si ceux-ci
se manifestaient.
Remarquons ici
comment le seigneur possesseur de fiefs pouvait être facilement
rendu maître des biens trouvés chez lui et à
l'inverse combien, quand il voyageait et séjournait chez
un manant, il était difficile de le déposséder
de ses effets.
En tout état
de cause, à une époque où la manufacture n'avait
pas atteint les niveaux de production de masse et où les
vêtements, les mêmes portés en permanence par
la grande majorité des gens, constituaient la presque totalité
de leurs biens meubles, on peut comprendre que l'on perdait peu
puisque l'on possédait peu.
L'amélioration
des techniques, à l'origine de la naissance de l'industrie,
allait permettre la fabrication et la distribution d'objets de plus
en plus nombreux susceptibles d'être perdus.
Ce sera sans
surprise à Paris, une ville déjà importante,
que le Préfet de Police demandera en 1804, aux commissaires
de police de faire porter dans ses locaux les objets trouvés
déposés dans leurs bureaux.
On peut deviner
qu'outre le fait d'une certaine centralisation jacobine que Napoléon
ne fera qu'accentuer, il a paru souhaitable de mettre le holà
aux pratiques de répartition des objets trouvés effectués
in situ dans les commissariats. Autres temps, autres moeurs.
La Révolution
Française n'avait pas manqué entre temps de supprimer
le droit seigneurial sur les épaves (décision du 13
avril 1791) après avoir prononcé le 1er décembre
1790 que tout bien sans maître appartenait à la nation.
Ce n'est pourtant
que vers 1850 que le service des objets trouvés sera vraiment
connu du grand public. Il est à cette époque installé
rue du Harlay et jouxte le Palais de Justice. Moins de 10 000 objets
y sont déposés chaque année. Dans Paris, dont
la population a considérablement augmentée depuis
la fin du XIXème siècle dans ces rues où l'on
s'affaire, dans ces venelles où l'on se presse, l'activité
de la foule est grouillante et il n'est pas surprenant que les gens
nombreux à se croiser et à se déplacer soient
mis en situation de perdre les objets de plus en plus nombreux que
l'industrie met à leur disposition.
Pourtant ce
monde, en devenir, demeure fort empreint de ruralité, il
y a des fermes dans Paris et aux faubourgs se pratiquent les cultures
vivrières. Aussi, sauf à résider dans des quartiers
mal famés, détenir un objet que vous n'avez pas acheté
vous fait suspecter de l'avoir volé ; les gens sont extrêmement
observateurs et la vie privée n'a pas le caractère
sacré qu'on lui accorde aujourd'hui. On dépose alors
aux commissariats et au bureau des objets trouvés les choses
qui se perdent : gants, vêtements, cabas, livres.
Cependant, l'on
récupère très peu et l'extrême suspicion
des employés du service n'y est pas étrangère.
Il faut fournir une description irréprochable de l'objet
pour qu'il vous soit restitué et cela ajouté avec
la conviction des gens que leurs effets n'ont pas été
rapportés aux objets trouvés explique la faible fréquentation
du lieu qui de plus est installé à cette époque
dans des locaux exigus, infects et malcommodes.
Le 13 octobre
1893, le Préfet Louis Lépine décide de créer
un service spécifique des objets trouvés quelle que
soit la provenance ou le lieu de dépôt, pour centraliser
les objets, les opérations de restitution aux perdants ou
aux inventeurs et remettre les objets non réclamés
à l'administration des Domaines.
En 1939, le
service des objets trouvés est installé au 36,
rue des Morillons à Paris, dans le 15ème arrondissement.
Des textes sont
venus parfaire cette organisation de manière à en
définir strictement le champ d'application : nature des objets,
durée de garde, conditions de restitution.
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Les objets
arrivent par sacs entiers au 36, rue des Morillons avant d'être
inventoriés et archivés dans l'attente d'une
éventuelle restitution à leurs propriétaires.
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A l'aube
d'un nouveau siècle, le Service des Objets Trouvés
reçoit environ 140 000 objets par an. Il privilégie
plus que jamais la restitution des objets à leur conservation.
Ce souci
d'amélioration du service rendu aux usagers l'amène
aujourd'hui à une profonde mutation s'appuyant sur
des moyens modernes de communication et de recherche.
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