| Intervention
de M. NICOLAS SARKOZY,
Ministre de l'Intérieur,
de la Sécurité Intérieure et des Libertés
Locales
le jeudi 4 juillet 2002
Monsieur
le Préfet de Police, Messieurs les Directeurs, Mesdames et
Messieurs,
J'ai voulu
aujourd'hui aller à la rencontre de l'ensemble des forces
de police qui assurent au quotidien la sécurité de
nos concitoyens qui vivent et travaillent à Paris, mais aussi
des 26 millions de touristes qui, chaque année, viennent
visiter notre Capitale.
La présentation
des personnels et des matériels qui m'a été
faite, les échanges que je viens d'avoir avec les policiers
de tous grades, m'ont permis de constater avec satisfaction votre
engagement de tous les instants dans le combat contre la délinquance.
Je tiens à
saluer votre détermination et votre mobilisation permanente
contre ces fléaux qui gangrènent notre société,
que sont la délinquance et l'insécurité.
Le 26 juin
dernier, devant l'ensemble des commissaires de police et l'encadrement
de la police nationale, j'ai défini les grands axes de cette
politique qui nous mobilise tous.
Je le redis
devant vous, il s'agit d'une priorité absolue. Les Français
comptent sur nous pour leur assurer une sécurité sans
faille.
Mesdames et
Messieurs, je salue votre remarquable travail, votre difficile mission
qui, chaque jour vous conduit à faire face à la misère
humaine et à la détresse des victimes.
Je tiens à
vous témoigner de ma profonde reconnaissance et de celle
du Gouvernement tout
entier pour votre professionnalisme, votre volonté de ne
jamais céder au découragement qui pourrait parfois
vous saisir. Vous devez être fiers du travail que vous accomplissez
au profit de nos concitoyens.
Vous le savez,
je travaille actuellement avec tout le Gouvernement à la
mise en place d'une grande politique de lutte contre la délinquance
dont la loi d'orientation et de programmation, qui sera très
prochainement examinée par le Parlement, constitue la première
pierre de cet édifice. Cette loi vous donnera des moyens
supplémentaires, notamment en véhicules et équipements,
mais aussi dans le domaine immobilier pour lequel je sais que les
besoins sont très importants à Paris.
Les Français
n'attendent qu'une seule chose : que la délinquance baisse
et que l'insécurité recule. Seul un combat permanent
nous permettra d'atteindre cet objectif.
Nous nous devons
de répondre à cette profonde aspiration de nos concitoyens
qui nous jugeront à l'oeuvre sur un seul critère :
les résultats que nous obtiendrons.
Sur ce point,
je tiens à souligner que les chiffres concernant Paris que
m'a communiqué le Préfet de Police sont excellents.
Je veux y voir le signe d'une véritable stratégie
de reconquête.
Au mois de
juin 2002, la délinquance a diminué de 8,6 %. Cela
fait plus de 5 ans qu'un tel résultat n'avait pas été
atteint au mois de juin.
Sans entrer
dans le détail, je ne mentionnerai qu'un seul chiffre, celui
de la délinquance de voie publique, qui diminue d'environ
15 % au mois de juin 2002 par rapport à juin 2001.
Ces résultats
ne sont pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe
d'un travail constant sur le terrain, d'une présence accrue
le jour et la nuit sur la voie publique et la volonté de
faire savoir aux délinquants qu'il n'y a aucune parcelle
de Paris dans laquelle ils peuvent bénéficier d'une
quelconque forme d'impunité.
L'activité
déployée par les services de la Préfecture
de Police ces derniers mois est très satisfaisante.
Je tiens à vous en féliciter. Les faits élucidés
augmentent de 13,5 %, les délits révélés,
c'est-à-dire issus du travail d'initiative des services de
police, comme par exemple la lutte contre les trafics de stupéfiants,
progressent quant à eux de plus de 30 %.
Ce déploiement
d'activité a eu également pour conséquence
une augmentation de 8% du nombre de personnes mises en cause et
de 7% des gardes à vue depuis le début de l'année.
A cet égard,
j'attache beaucoup d'attention au dispositif d'évaluation
initié par le Préfet de Police qui réunit,
chaque Jeudi, des commissaires d'arrondissement pour fixer des objectifs
et évaluer les résultats.
Si ces résultats
sont encourageants, il faut bien entendu aller au-delà.
Dès
ma prise de fonction, j'ai pris certaines mesures d'effet immédiat
permettant de lutter plus efficacement contre la délinquance.
Je citerai tout particulièrement ma volonté de renforcer
la sécurité dans les transports en commun d'Ile-de-France
et d'en confier le commandement unique au Préfet de Police.
Cette direction unique a permis de mieux répartir les effectifs
et de déterminer de façon plus rationnelle les missions,
de façon à couvrir le maximum de lignes SNCF et de
la RATP.
De même,
dans l'attente de l'affectation de 400 policiers supplémentaires
qui interviendra dans quelques mois à la sortie des nouvelles
promotions de gardiens de la paix, j'ai décidé de
déployer plusieurs unités de CRS dans les réseaux
ferrés, en renfort des services spécialisés
de la Préfecture de Police et de la Brigade deschemins de
fer.
Cela fait que
chaque jour près de 800 trains sont accompagnés par
la police et 600 gares sécurisées.
Et que chaque jour 30 à 40 auteurs de délits sont
interpellés.
Aller au-delà,
obtenir de meilleurs résultats, nécessite de se fixer
des objectifs concrets.
Je peux vous
indiquer les orientations que j'entends donner à l'activité
des services de la Préfecture de Police. Sur proposition
du Préfet de Police, j'ai retenu trois axes de travail que
je vous assigne et vous demande de mettre en oeuvre.
D'abord,
une présence accrue sur la voie publique.
Il n'y a pas
de secret, la présence sur le terrain de policiers fait reculer
la délinquance.
Je rends ici
hommage au travail des policiers de quartier en contact permanent
avec la population parisienne. Il faut poursuivre dans cette voie
et achever le redéploiement engagé de 1 000 policiers
vers ce genre de mission.
Cet objectif
ne pourra être pleinement atteint que par une réduction
substantielle des gardes statiques. D'autres modalités de
protection des sites sensibles, à partir de patrouilles mobiles,
devront être rapidement mises sur pied.
En second
lieu, renforcer les capacités d'intervention et d'interpellation.
En soutien
et en complément à l'action de la police de quartier,
je souhaite que les effectifs des services d'intervention spécialisés,
comme par exemple les brigades anti-criminalité, soient renforcés.
Ce renforcement contribuera là encore à une intensification
des patrouilles et donc à un accroissement de la présence
sur la voie publique, afin de procéder à plus d'interpellations
en flagrant délit. Il me paraît particulièrement
important de développer dans chaque arrondissement des brigades
anti-criminalité civiles intégrées dans le
cadre des SARIJ et des groupes d'appui à la police de proximité.
Dans le même esprit, il importe que les compagnies d'intervention
des districts soient engagées le plus souvent possible sur
des missions de sécurisation lorsqu'elles ne sont pas mobilisées
par des maintiens de l'ordre.
Enfin,
le troisième axe de travail, concerne le renforcement des
capacités d'investigations.
L'augmentation
de l'activité policière entraîne automatiquement
un surcroît de tâches pour les services de police judiciaire.
Il est donc indispensable de renforcer humainement les services
de l'accueil, de la recherche et de l'investigation judiciaire (SARIJ)
relevant des commissariats d'arrondissement. Un traitement plus
rapide des procédures, mais aussi un meilleur accueil des
plaignants et des victimes nécessite plus de moyens humains,
il doit en être de même dans les services relevant de
la Direction régionale de la Police Judiciaire.
Je veillerai
avec le Préfet de Police à ce que les Brigades spécialisées,
les services départementaux en petite couronne et les GIR,
que je viens de mettre en place, disposent des moyens en personnel
et aussi en matériel moderne pour leur permettre d'accomplir
pleinement leurs missions.
Accentuer la
présence sur la voie publique de policiers en tenue, renforcer
les capacités d'intervention des services de police pour
agir avec encore plus d'efficacité et de rapidité,
augmenter les capacités d'investigation des services judiciaires,
telles sont les trois priorités que je vous fixe, qui permettent
à la fois d'anticiper et de s'adapter aux spécificités
de la délinquance à Paris.
J'ai demandé
au Préfet de Police de m'adresser un plan d'action et de
renforcement des moyens reprenant les trois thématiques que
je viens d'exposer.
En conclusion,
je tiens à vous renouveler toutes mes félicitations
pour le travail accompli. Je compte sur vous comme vous comptez
sur moi pour vous apporter l'entier soutien nécessaire à
l'exercice de vos missions. C'est ensemble que nous remporterons
cette bataille.

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